Cinq remarques

L’intersaison commence tout juste et nous aurons bien le temps de mûrir nos réflexions sur cette saison 2021 et sur la suivante – on n’ose plus dire « la dernière » à force que cette « dernière année » soit décalée, pour notre plus grand plaisir. Mais puisque quelques réflexions me viennent à l’esprit dès à présent, autant commencer sans attendre le temps des bilans, débats et perspectives pour 2022.

1/ La première chose tient justement à la fin de carrière d’Alejandro. L’enseignement le plus important pour moi de sa fin de saison et de son retour parfaitement réussi suite à sa chute de fin août est le suivant : tout porte à croire qu’il pourra tirer sa révérence en étant encore au plus haut niveau – ce qui était loin d’être gagné (souvenons-nous de sa saison 2020, nettement en-deçà de d’habitude, même si sa 8e place sur le Mondial face à tous les cadors restait un signe positif) et ce qui est même rare pour la plupart des champions. Pour sa dernière année, il ne sera certes probablement pas le Valverde aussi victorieux et dominateur d’auparavant, mais il devrait être tout de même suffisamment fort pour être présent avec les meilleurs sur plusieurs grandes courses en étant capable d’y jouer la gagne. C’est déjà monumental, à 41 ans, et même 42 ans à partir de fin avril prochain. Même si rien n’est garanti, franchement, cette perspective donne un sacré sourire. Je n’y aurais pas cru il y a quelques temps.

2/ Il faut dire que, depuis sa victoire sur le Mondial 2018, qui a marqué un avant et un après dans sa carrière, ses saisons ont été mouvementées, avec des moments de réussite et des moments de doute, assortis d’une communication souvent minimaliste (déclarations irrégulières, interviews rares) qui ne nous permettaient pas de comprendre ce qui pouvait clocher. Au-delà de la somme de problèmes déjà identifiés (d’ordre matériel en 2020, d’atmosphère d’équipe, de types d’entraînement et de préparation à l’entame de la saison cette année, et liés à la coupure due au covid en 2020) qui ont joué en retour sur son mental et donc ensuite aussi sur son niveau, on sait surtout désormais que s’il a buté plusieurs fois face à plus forts que lui, c’est, aussi, en raison d’une situation exceptionnelle dans le cyclisme : la concomitance de coureurs-phénomènes arrivés récemment dans ce sport, qui accaparent les meilleures places. Avec son niveau en avril Alejandro aurait peut-être voire probablement obtenu la victoire sur la Flèche Wallonne d’autres années où la concurrence était moins forte. Je repense aussi à sa « défaite » face à Pogacar sur une arrivée en côte du Tour de Valence début 2020, qui nous avait mis en plein doute – Alejandro ayant toujours été quasi imbattable sur ce type d’arrivées, a fortiori sur des épreuves où le plateau est plus limité. On ne voit plus du tout cet épisode de la même façon aujourd’hui, quand on mesure le niveau où se situe Pogacar dans le peloton et plus encore, dans la légende du cyclisme (le triplé Liège – Tour – Lombardie dans la même saison est un exploit rarissime, et inédit dans l’histoire de ce sport à cet âge).

3/ La situation restera la même en 2022 et c’est pourquoi, plutôt qu’une saison entière de feu d’artifice, la plus belle chose que je souhaite à Alejandro serait de pouvoir remporter 1 dernière grande victoire, qui marquerait le coup pour sa fin de carrière. Il n’y aura pas de déception à proprement parler s’il n’y parvient pas. Mais, pour le dire tout simplement comme cela me vient : ce serait génial, et je ne crois pas qu’il y ait besoin d’expliciter pourquoi. Je pense que c’est à sa portée.

4/ Maintenant qu’on a 3 saisons de recul, on peut identifier des traits communs à sa partie de carrière post-Innsbruck. Ce qui me frappe, de façon non-exhaustive :

  • Les fins de saison en Italie lui réussissent particulièrement bien : on l’a vu cette année et en 2019. Ce n’est en rien une nouveauté car il a souvent bien marché sur le Tour de Lombardie, mais en choisissant d’effectuer 8 jours de courses en Italie en toute fin de saison 2021, il a franchi un cap inédit, devançant son record de 5 jours de courses sur place (répartis sur 5 épreuves) de fin 2019, qui devançaient déjà eux-mêmes ses 3 courses disputées là-bas en 2018 après le Mondial. En ajoutant à cela, cette année, les Strade Bianche et le GP de l’Artisanat et de l’Industrie disputés en mars, jamais Alejandro n’avait autant couru de courses différentes en Italie qu’en 2021.
    ***
  • A l’inverse, il n’est plus dominateur ni même victorieux en tout début de saison, alors que par le passé il avait souvent profité de cette période pour glaner des bouquets et briller en général. Pour début 2022, il semble qu’il faille se faire à l’idée qu’il ne démarre plus les saisons aussi fortement qu’avant, ce qu’il avait d’ailleurs confirmé en entretien (…cela étant, il est aussi le roi pour déjouer nos pronostics et habitudes et nul ne serait donc vraiment surpris de le voir à nouveau lever les bras dès février 2022 !).
    ***
  • De façon générale, on est désormais habitué à ce qu’il gagne beaucoup moins qu’avant. C’est ainsi ; à son âge et vu la concurrence, il n’y a pas du tout lieu d’être déçu.
    ***
  • Quand il dispute le Tour désormais, c’est manifestement toujours avec le même état d’esprit : être lieutenant de luxe de son leader, et essayer sur 1, maximum 2 étapes, de tenter sa chance. C’est peu, et donc frustrant pour nous à suivre tout au long des 3 semaines où il reste parfois, voire souvent, peu visible. En revanche, il faut reconnaître que ce n’est pas inefficace : il est passé proche de la gagne sur 2 étapes des trois dernières éditions (il n’est battu que par Kuss en Andorre cette année, et il arrive trop tard pour rattraper Nibali à Val Thorens en 2019), soit un bon ratio vu le faible nombre de tentatives. Je n’ai aucune idée de ses choix de Grands Tours pour 2022 (j’imagine que ça devrait se jouer entre Giro-Vuelta ou Tour-Vuelta) et aucune idée de ce qui serait préférable entre ces deux options, mais s’il dispute le Tour, je continuerai de croire et de rêver à une victoire d’étape jusqu’au bout. Ce serait si beau !

Par ailleurs – et c’est à l’inverse l’une des choses qui n’a fait que varier au cours des 3 dernières années – l’un des grands points notables de cette année est qu’il a retrouvé un excellent niveau sur les ardennaises, ce qui était quasi inespéré après tant de temps sans podiums sur ces classiques (3 ans, depuis la Flèche 2018) et sans top 5 spécifiquement sur Liège (4 ans, depuis sa victoire en 2017).

L’autre fait marquant de 2021, si je devais en choisir un deuxième, a été sa capacité à revenir aussi vite et fort après sa fracture de la clavicule sur la Vuelta. Ce faisant, on a pu voir qu’il a bluffé encore pas mal d’observateurs. Son mental et sa récupération physique sont là aussi de très bons signes pour la saison prochaine.

5/ Alejandro devrait donc terminer sa carrière l’année de ses 42 ans…ce qui n’est pas n’importe quel nombre : 42, au-delà d’être le nombre de km d’un marathon, est chargé d’une certaine mythologie, en étant considéré comme iconique dans la culture geek et cité en clin d’œil dans de nombreuses œuvres de fiction, depuis qu’un livre de science-fiction devenu culte a fait du nombre 42 la réponse à « la grande question sur la vie, l’univers et le reste ». Comme s’il était écrit qu’il devait y avoir quelque chose de spécial qui entoure la fin de carrière d’un champion pareil…:)

Notons d’ailleurs, pour terminer ce billet, que :

  • La dernière course par étapes remportée par Alejandro, la Route d’Occitanie 2019, fêtait alors sa…42e édition.
  • L’an prochain, deux épreuves, et pas n’importe lesquelles pour Alejandro, fêteront leur 42e édition : le Tour de Murcie, et la Clasica San Sebastian. Justement deux courses parmi celles où il a connu le plus de réussites dans sa carrière (il détient le record du nombre de victoires sur le Tour de Murcie et de podiums sur la San Sebastian). Un signe du destin ?

Une dernière coupe pour la route

Après ses performances excellentes de samedi, Alejandro n’en a pas tout à fait fini avec la saison 2021 : il a décidé de prolonger encore le plaisir de quelques heures avec la Coppa Agostoni, ce lundi, qui marquera sa véritable fin de saison et qui sera diffusée sur La Chaine L’Equipe à partir de 15h15. En réalité, le choix de courir cette épreuve (qui est une première pour lui et la Movistar) avait été pris avant le Tour de Lombardie ; c’était donc déjà un très bon signe sur sa forme (d’habitude souvent déclinante à ce stade de l’année) et sa motivation, ce qu’on a pu constater et savourer sur le Tour de Lombardie malgré la frustration d’une 5e place qui aurait pu être un podium, voire plus encore.

La Coppa Agostoni, qui se dispute aussi en Lombardie, sera peut-être l’occasion de terminer l’année sur une victoire – même si le fait de le revoir aussi fort après sa fracture de la clavicule fin août et à 41 ans a déjà un parfum de victoire en soi, qui, par ailleurs, rend optimiste pour 2022. Les 180 km se feront avec un circuit qui sera emprunté quatre fois et qui comptera trois ascensions : Sirtori (1.6 km à 5%), Colle Brianza (3 km à 6.5%) et Lissolo (2.4 km à 7.5%). Le sommet de la dernière côte est situé à 25 km de l’arrivée et pourrait donc servir de rampe de lancement pour le futur vainqueur ou un petit groupe.

Quels rivaux ? Attention à :

  • Chez UAE : Trentin, Conti, Covi, Riabushenko (en tant que dernier vainqueur)
  • Chez Astana : Lutsenko et Felline
  • Chez Cofidis : R. Fernandez, Viviani et G. Martin
  • Chez Israel Startup Nation : De Marchi (vainqueur des Trois Vallées Varésines)
  • Chez…l’équipe italienne (!) : Moscon, Dainese
  • Chez Alpecin : Sbaragli
  • Chez Androni : Restrepo

Trentin semble l’homme à battre : la course correspond très bien à son profil et il semble en forme (4e de Gran Piemonte le 7 octobre, et il y a quelques semaines 1er du Trofeo Matteoti le 19 septembre, 4e du championnat d’Europe mi septembre). Mais je me méfie aussi de Moscon.

Derniers podiums de la course :

2015 : Davide Rebellin Vincenzo Nibali Niccolò Bonifazio
2016 : Sonny Colbrelli Diego Ulissi Francesco Gavazzi
2017 : Michael Albasini Marco Canola Francesco Gavazzi
2018 : Gianni Moscon Rein Taaramäe Enrico Gasparotto
2019 : Alexandr Riabushenko Alexey Lutsenko Nikolay Cherkasov

Tour de Lombardie

Le dernier grand moment de la saison, à suivre demain samedi, méritait bien une page dédiée. Et ce d’autant plus qu’il s’agit peut-être du dernier Tour de Lombardie de la carrière d’Alejandro.

Pour citer des extraits de la présentation de la course faite par CyclingNews :

« Après quatre arrivées successives à Côme, la course inverse ses villes de départ et d’arrivée en 2021. Les ingrédients de base restent cependant les mêmes.

(…) Le Passo di Ganda semble être l’ascension clé de la journée. C’est une montée de 9,2 km à 7,3 %, avec une pente qui atteint 15 % près du sommet, à 32 km de l’arrivée. S’ensuit une descente technique composée d’environ 19 épingles à cheveux.

Le final, lui, offrira un autre tremplin pour les attaquants, lorsque la route montera vers la vieille ville de Bergame par le court et pointu Colle Aperto [un peu plus d’1km, avec 500m à 10% dont une portion pavée de 200m]. S’en suivra une descente de 3 km depuis le sommet jusqu’à la ligne d’arrivée, ce qui signifie que le premier au sommet aura toutes les chances de lever les bras. Evenepoel estimait récemment que peu de coureurs, voire personne, pourraient rivaliser avec son coéquipier Alaphilippe sur ses pentes. Le champion du monde, lui, se montre prudent : « Oui, mais le problème, ce sont les longues montées qui le précèdent. » »

On l’a dit ces derniers jours : le plateau est royal. Alejandro se retrouve au milieu d’un champ de bataille où les grands cadors que sont Roglic (l’homme à battre au vu de sa facilité ces derniers jours), Pogacar (qui pourrait devenir le premier à faire le doublé Tour de France – Tour de Lombardie depuis Bernard Hinault en 1979, et à faire le doublé Tour – Liège depuis Moreno Argentin en 1987) et le trio Deceuninck-QuickStep (Evenepoel, Alaphilippe, Almeida) semblent difficilement prenable. Mais l’histoire n’est jamais écrite et Alejandro, qui sera moins surveillé que jamais (CyclingNews ne le cite même pas parmi les outsiders de la course !), dispose d’une expérience précieuse sur cette épreuve. Je reste persuadé que le Tour de Lombardie mériterait de compter Alejandro Valverde à son beau palmarès. La chose avait failli se faire en 2014, lorsque D.Martin avait anticipé le sprint au dernier moment. Sept ans plus tard, l’Irlandais dispute ici la dernière course de sa carrière : Bala a ici une dernière occasion de prendre sa revanche !

***

La hiérarchie des favoris selon les bookmakers :

****** Roglic

***** Evenepoel

**** Pogacar

*** Almeida, Alaphilippe, A.Yates

** Woods, Vingegaard, Nibali, Gaudu

* Bardet, S.Yates, Valverde, Mollema, Masnada, Moscon […que j’aurais mis plus haut vu son niveau à Roubaix]

Et ceci sans compter Cosnefroy, Vlasov, Ulissi, Uran, McNulty, Quintana, Higuita, Hirschi, Lutsenko, Vansevenant, Wellens, Pinot, G. Bennett, Formolo, D.Martin, Landa, Kuss, Haig….

Une belle semaine italienne

Update : La Movistar annonce la participation d’Alejandro à Milan Turin en plus des Trois Vallées Varésines !

*** On sort de ce Tour de Sicile avec un sentiment mi-figue mi-raisin, suite à cette dernière étape où Nibali a renversé le général. Pourtant en prenant un peu de recul, le bilan reste tout de même positif : Alejandro reprenait tout juste la compétition après sa fracture un mois plus tôt. Il finit cette semaine avec une 2e place au général, et une victoire d’étape : c’est le 130e succès de sa carrière, et au stade où il en est, où il ne gagne plus tous les 4 matins comme auparavant, il serait dommage de ne pas célébrer franchement chaque victoire en tant que telle. Par ailleurs nous sommes à une semaine de la fin de saison ; s’en suivront presque 4 mois sans compétition, ce qui devrait nous inciter à savourer particulièrement les derniers bons moments de cette saison 2021, l’avant-dernière de sa carrière, indépendamment des incidents anecdotiques (une roue qui tourne, par exemple) que l’on aura déjà oublié en janvier prochain.

Bien sûr, il n’y a pas de quoi non plus s’exciter excessivement en prévision du weekend prochain. Hormis Nibali et Bardet, le plateau était très faible, surtout par rapport à ce qu’il sera au Tour de Lombardie. Et cette chute hier après l’arrivée ne tombait pas au meilleur moment. Mais au global Alejandro a tout de même bien fait le job, et surtout s’est rassuré, comme il le dit dans ses déclarations du jour :

« Il est clair qu’une chute comme celle d’hier n’arrange rien, que le corps a bien remarqué le coup sec, sachant que j’ai aussi un gros trou au coude, mais je vais mieux que je ne le pensais aujourd’hui après ce coup. Cette semaine signifie beaucoup pour moi. Être là, à ce niveau après la blessure et l’opération de la clavicule – le renflement sur l’épaule est encore visible (rires) -…Je suis content. Une étape et 2e place au général, contre Nibali, Bardet, Covi et d’autres, qui sont à un très bon niveau, il y a de quoi être content« .

Il ajoute : « Félicitations à Vincenzo pour la victoire. Je ne m’attendais pas à ce que lui et Bardet attaquent d’aussi loin, même si je m’attendais à ce qu’ils attaquent. Je n’ai pas essayé d’aller chercher Nibali quand il a démarré ; j’ai cru que j’allais pouvoir le contrôler, mais il a très bien grimpé. Une fois devenu clair que nous n’allions plus pouvoir le rattraper, je me suis limité à assurer ma 2e place« .

L’idéal aurait été, bien sûr, qu’il conserve son maillot aujourd’hui. Mais il s’agissait de l’étape reine, et de la seule étape de montagne propice à une offensive décisive ; que le maillot change de leader n’a donc vraiment rien de surprenant. Nibali était le plus fort, et il mérite sa victoire.

Le défi d’être en mesure de gagner le Tour de Lombardie reste entier. Alejandro n’abordera pas l’épreuve en favori mais en outsider, face aux hommes à battre que devraient être Pogacar, Evenepoel, Roglic, Alaphilippe et face à d’autres grands noms : Gaudu, Nibali, Cosnefroy, Schachmann, Quintana, Vingegaard, Kruisjwick, G.Bennett, Almeida, Mollema, Moscon, Mohoric, Benoot, etc. Honnêtement vu tout ce plateau, je suivrai la course de façon très cool. Il faudrait un sacré alignement des planètes pour qu’Alejandro s’impose face à tout ce beau monde. La beauté des choses fait qu’une magnifique surprise reste du domaine du possible, grâce aux qualités d’Alejandro et en misant sur une forme crescendo. Mais mon plus grand plaisir samedi prochain sera avant tout de voir Alejandro, le champion des années 2000 et des années 2010, affronter sur une aussi belle épreuve de beaux champions qui forment le gratin des années 2020. Pour le reste, on verra bien !

Et puis, avant ce Monument très attendu, Alejandro devrait prendre le départ des Trois Vallées Varésines, mardi. C’est une belle course, qui fêtera sa 100e édition. La dernière fois, en 2019, Roglic s’était imposé (pour ce qui avait été sa 1re victoire sur une course d’un jour), à l’issue d’un final rocambolesque où un groupe de costauds, comprenant notamment Alejandro, Nibali et Woods, avait pris à 15km de l’arrivée une mauvaise route en suivant une moto de l’organisation s’étant trompé de chemin. Cette fois-ci, Roglic ne devrait pas être là, mais le plateau n’en reste pas moins solide : PCS annonce la présence de Pogacar, Nibali, Cosnefroy, Buchmann, Woods, Gaudu, Vlasov, Mollema, Ganna…Plutôt du lourd pour une semi-classique, donc.

La semaine italienne se prolongera ensuite avec Milan Turin et le Tour du Piémont les deux jours qui suivent, avant le bouquet final du samedi. PCS annonce Alejandro sur les deux épreuves mais pour l’heure la communication officielle de l’intéressé en reste aux Trois Vallées Varésines.

Enfin, en attendant cet enchaînement royal, demain samedi se tiendra le Tour d’Emilie avec un affrontement Evenepoel – Roglic – Pogacar (en présence de Vlasov, Gaudu, Woods, Mollema, Cosnefroy, A.Yates, Higuita et bien d’autres) qui s’annonce, déjà, très alléchant. Quelle belle semaine de cyclisme en prévision !

Tour de Sicile

39 jours après sa chute sur la Vuelta, Alejandro a repris la compétition aujourd’hui au Tour de Sicile ! La 1re étape s’est déroulée sans difficultés ni incident particulier. Demain mercredi, la 2e étape semble favoriser, comme aujourd’hui, un sprint, mais plusieurs connaisseurs du terrain évoquent la possibilité d’une victoire d’attaquants ou baroudeurs. Pour le général les choses intéressantes devraient se passer plutôt jeudi (3 km à 6% pour l’arrivée, après un col plus tôt) et vendredi qui sera l’étape reine (avec en particulier une ascension d’un versant de l’Etna dans le final puis une arrivée en bord de mer), avec de très beaux paysages semble-t-il.

Nibali et Bardet font figures de tête d’affiche avec Alejandro, en sachant que sont présents aussi De la Cruz, McNulty et Soler chez Movistar. Difficile de désigner un favori précisément parmi ces noms. Pour Alejandro, puisqu’il s’agit de sa reprise après sa fracture d’il y a un mois, on ne peut pas être trop exigeant…tout en étant évidemment très curieux de voir où il se situera ! Au vu du plateau une bonne place semble nécessaire s’il veut espérer pouvoir briller sur le Tour de Lombardie en fin de semaine prochaine. Dans tous les cas, le voir reprendre relativement rapidement est une bonne nouvelle.

Vivement dimanche

Mise à jour : finalement pas de Trophée Matteotti : le programme annoncé par La Opinion de Murcia cite désormais le Tour de Sicile (28 septembre – 1er octobre), les Trois Vallées Varésines (5 octobre) puis le Tour de Lombardie (9 octobre) !

__

On apprenait hier qu’Alejandro devrait reprendre la compétition dès…dimanche prochain, au Trophée Matteotti ! L’information, repérée par Simone et annoncée sur le site Spazio Ciclismo et par les organisateurs de la course, n’a pas été confirmée encore par la Movistar et l’intéressé, mais semble crédible.

Parmi les anciens lauréats, on compte de grands noms : Bartali, Gimondi, Moser, De Vlaeminck, Argentin, Bugno, Bettini…Cependant je n’attends pas Alejandro particulièrement dimanche pour la victoire (Trentin et Ulissi sont annoncés parmi les premiers participants et seront probablement parmi les favoris, au vu de leurs qualités de sprinter). Le fait, s’il se confirme, qu’Alejandro reprenne aussi vite, est déjà un bon signe et rend optimiste pour son objectif de cette fin de saison : le Tour de Lombardie, le 9 octobre, dans presque un mois.

Regard vers la reprise

Si tout se passe bien, Alejandro devrait donc reprendre la compétition à l’occasion du Tour de Sicile, du 28 septembre au 1er octobre, comme il l’a annoncé avant-hier (à noter, pour ceux qui n’auraient pas vu l’info, qu’il a aussi confirmé qu’il continuerait en 2022 !).

Même si la course sera dans un peu plus de 3 semaines, je suis allé regarder quelques infos à son sujet dès à présent, que voici :

  • Il y aura 5 équipes World Tour au départ : Israël Startup Nation, Movistar, DSM, Trek et UAE. Pour l’heure la startlist sur PCS indique seulement la présence de Froome et de Valverde.
  • C’est l’une des plus anciennes courses à étapes italiennes (1re édition en 1907, deux ans avant le premier Giro), qui avait disparu pendant 42 ans, avant de réapparaître en 2019 (victoire de McNulty devant Guillaume Martin, Masnada et Vlasov). La course n’a pas eu lieu en 2020 ; cette année, ce sera donc sa deuxième édition au XXIe siècle. Initialement cette édition devait se tenir en avril mais là encore la pandémie a conduit à décaler la course.
  • Le parcours n’est pas encore connu : il faudra attendre encore quelques jours pour savoir si le parcours 2020 sera réemprunté ou si les organisateurs auront opté pour un nouveau parcours.

Si la participation d’Alejandro se confirme, ce sera une belle épreuve pour revenir. Au-delà de sa beauté, l’île de Sicile, la plus grande de la Méditerranée, offre des parcours très variés qui permettent des étapes pour grimpeurs, puncheurs et sprinters. Si l’Etna peut être escaladé (cela reste à voir, car il est entré à nouveau en éruption cette semaine), comme cela avait été possible en 2019 (victoire de Martin), le vainqueur du général a toutes les chances d’être un bon grimpeur. Dans tous les cas, étant donné qu’il s’agira de la reprise d’Alejandro, le fait que le plateau soit relativement limité n’est pas une mauvaise chose. Il aura d’autres occasions dans les jours qui suivront de se frotter au gratin du peloton en amont du Tour de Lombardie, son probable objectif de fin de saison.

Objectif fin de saison italienne !

Pas le temps de niaiser ! Une semaine pile après sa chute, Alejandro a déjà eu le temps de

1/ se faire opérer à Murcie,

2/ reprendre l’entraînement sur hometrainer (voir vidéo) en montrant sa capacité à s’appuyer sans douleur sur le guidon sur le haut comme sur le bas, de même que debout sur les pédales, le tout avec le sourire,

3/ déterminer un objectif de reprise dès cette fin de saison comme nous l’espérions vivement. C’est ce que révèle Diario de Navarra, informé directement par la direction sportive de la Movistar. « Si l’évolution de sa blessure est positive, il est très possible qu’il revienne fin septembre, sur certaines épreuves italiennes et avec le Tour de Lombardie en grand objectif » écrit le journal. Il reste encore à définir quelles épreuves seront concernées, en sachant que la Movistar sera alignée sur le Tour de Sicile (28 septembre au 1er octobre), aux Trois Vallées Varésines (5 octobre), sur Milan Turin (6 octobre), au Tour de Piémont (7 octobre) et au Tour de Lombardie (9 octobre).

Ce qui est sûr, c’est qu’il ne sera pas remis à temps pour disputer les championnats d’Europe et du monde.

Enfin, on apprend ceci, concernant sa fracture de la clavicule droite : « en fait, l’une des plaques qu’il avait en place d’une fracture précédente s’est délogée » et « son évolution est très positive« . De quoi rendre optimiste !

Animo Bala !!

« Valverde arrêtera quand il le voudra »

Francisco Esparza est le médecin qui s’est occupé d’Alejandro samedi lors de son opération (avec le docteur Hernandez), lui qui s’en était déjà occupé lors de son opération de 2017. Il a été interviewé par la radio Cope et ses confidences sont pleines d’humanité – en voici une traduction rapide :

« En voyant sa chute, quand tu vois un ami dans cette situation tu te mets immédiatement en alerte et tu commences à t’informer de la situation. A ce moment-là Antonio Sanchez (le représentant de Valverde) m’a contacté pour commencé à préparer tout le dispositif pour réaliser l’intervention. Il fallait gagner du temps pour que la récupération soit plus rapide. L’opération a été exigeante, c’est un travail professionnel qui nous incombe à nous les professionnels, tout s’est bien passé, et le lendemain il est sorti pour commencer son rétablissement à la maison. Toute l’équipe est au fait des travaux [qu’il a à faire pour sa récupération] et nous tient informés à tout moment. Il se remettra sans se hâter mais sûrement, c’est lui qui commande, personne ne lui mettra la pression et quand son corps le lui demandera et lui dira de le faire, il continuera le travail. L’objectif est que le travail soit fait conformément à la façon dont il se sent ».

Par rapport à sa blessure au genou de 2017, « celle-ci est bien moins grave : une fracture de clavicule est une blessure fréquente dans le cyclisme. Ce qui s’est passé au Tour de France était bien plus important, car cela aurait pu signifier l’abandon définitif du cyclisme ».

« Cette chute l’a fait plus mal en raison de l’arrivée imminente de la Vuelta chez lui. J’aimerais souligner l’importance qu’a pour Alejandro ses gens et sa terre ; il est très heureux ici et il a confiance dans la chaleur des gens de sa terre. C’est un Murcien qui se comporte comme tel. Pour lui c’est très important d’être ici avec les siens, avec son groupe qui s’entraîne chaque jour. Cet entourage est vital ».

Le médecin a également souligné l’importance de la présence de Rojas : « chaque fois que je vois les images et la façon dont ‘Rojillas’ se retourne contre le peloton pour s’occuper de son ami et le rassurer, ça me fait des frissons, c’est une image que je n’oublierai jamais ».

Enfin, à la question « Alejandro Valverde sera-t-il encore dans le peloton en 2022 », il dit : « actuellement il serait très facile pour moi de dire que je le vois continuer, mais il y a une chose très claire : il serait très triste qu’un athlète de ce calibre arrête le vélo [dans ces conditions], il est très clair qu’il arrêtera le vélo quand il le voudra, et non pas quand le vélo le lui ordonnera. Dans ce cas, le patron, c’est lui et son entourage ; il est bien entouré pour que la récupération puisse se faire à 100% et décider ce qu’il veut. En cela il aura toujours notre soutien total. Et oui personnellement je le vois dans le peloton une année de plus ».

Et soudain Bala chuta…

Il est pile 17h à l’instant où j’écris et il était prévu, à cette heure-ci, que nous commencions à profiter du beau final qui s’annonçait. Il y a trente minutes encore, Alejandro décidait d’attaquer avec son ami et coéquipier Rojas, dès les premières pentes de la montée d’El Collao. Mais quelques instants plus tard, patatras. Tous les espoirs se sont effondrés lorsqu’Alejandro a chuté, comme le montre l’extrait ici :

Sonné (et bien blessé contrairement à ce qu’a cru au départ cet internaute), Alejandro s’est relevé et a tenté de continuer mais a dû abandonner rapidement ensuite. Il a donc quitté la Vuelta. Journée très triste, pour lui, qui, comme on le sait, aime plus que tout courir la Vuelta, sa course préférée de la saison, sur laquelle il arrivait en grande forme. En attendant plus d’informations à très court terme (quelles blessures ? Mise à jour : une fracture de la clavicule malheureusement, dont il sera opéré à Murcie ce samedi), puis à moyen (saison terminée ?) et plus long terme (on ne l’espère pas), on pense fort à lui, et on lui envoie tout notre soutien.